Why not
Membre notoire
Cité : Orateur Nous a rejoints le : 07 Oct 2009 Messages : 59 Réside à : Clermont-Ferrand
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Patientez... |
Citation: L'État ne devrait pas intervenir dans le cas de faillite d'entreprise, peu importe leur nature, car cela en revient à récompenser l'incompétence. Parce que le système capitaliste est un système de GAINS et de PERTES. Quand l'État distribue ses milliards à ces entreprises, ça envoie comme message au marché: gérez comme des pieds, prenez des risques démesurés, ce n'est pas grave: l'État va venir vous secourir en bout de ligne au grand dam des c*n*rds de CONtribuables qui se feront davantage extorquer d'argent.
Une nouvelle fois, tu fais appel à des éléments de théorie économique fondés : il s'agit du concept d'aléa moral (Rothschild et Stiglitz). Ça a été développé pour le marché de l'assurance, et les auteurs ont démontré que la prise de risque des individus s'accroît lorsqu'ils se savent couverts, autrement dit leur aversion au risque diminue.
Dans le cas qui nous concerne il faut prendre en compte un autre élément, c'est l'importance du "risque systémique". En gros, il ne faut jamais perdre à l'esprit en matière de banque, que tout est construit sur la confiance : les banques créent de la monnaie par le mécanisme du "crédit" (notez bien le sens originel du mot) et sont elles-mêmes très dépendantes de ce crédit. De ce fait, la faillite d'un agent peut, par un phénomène de panique, se transmettre très rapidement à tout le système. Dans le cas de la crise des années 1930, les gouvernements ont laissé les banques faire faillite comme tu le proposes. Du coup, les déposants ont retiré en masse leur épargne, résultat : 9000 faillites de banques représentant 15% des dépôts. Le moins que l'on puisse dire c'est que ce ne sont pas seulement les actionnaires qui ont assumé les risques ! Il faut donc une intervention de l'Etat pour préserver la confiance et par ailleurs une régulation qui limite l'aléa moral. La solution en matière de confiance a d'ailleurs été trouvée dès le New Deal, puisque Roosevelt a créé une assurance fédérale sur les dépôts (FDIC). Dans le cas de la récente crise financière, le problème est légèrement différent, puisqu'il n'y a pas eu de retrait massif des déposants, mais un assèchement du marché interbancaire... Ce sont les banques qui ont, cette fois, refusé de se faire confiance, parce qu'elles se savaient détentrices de créances douteuses difficilement identifiables, du fait de la titrisation. Mais la conséquence est la même : une asphyxie complète du système bancaire et un risque de faillites en série. Du coup, celà légitime une intervention de l'Etat pour sauver les établissements qui posent un risque systémique, qui sont en général les plus gros. L'une des difficultés est cependant de déterminer les établissements qui posent un risque systémique. Cependant, si cela peut te consoler Trident, pour la seule année 2009, 115 établissements bancaires américains ont fait faillite, et les actionnaires des banques ont enregistré des pertes substantielles, par ailleurs, le gouvernement américain a souvent conditionné son intervention à une absence ou un plafonnement des dividendes. L'intervention de l'Etat pose certes des tas de problèmes, mais elle me paraît préférable au risque de faillites en série.
En passant petite réflexion à destination de ceux qui comparaient Trident et Machiavel. Perso, je trouve ça bizarre d'associer un apôtre du non-Etat à un prophète de la raison d'Etat, et puis si vous avez du temps à perdre comparez l'utilisation du mot "vertue" chez Trident et Machiavel et vous constaterez que si les deux en font grand usage, leur conception est diamétralement opposée !
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