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| Auteur | Une proposition pour l'AG SGDF |
| Af' Le Loup Membre confirmé
Nous a rejoints le : 03 Juil 2004 Messages : 3 870 Réside à : 92 et ... 29 |
J'ai survolé le document mis en lien par Balthazar et j'avoue qu'il est de plus en plus compliqué d'être chef SGdF. Pour le commun des mortels le scoutisme est pourtant simple: loi, promesse, camp. Le reste, et c'est bien le cas de le dire n'est que littérature. La terminologie et les changements incessants en effet ont de quoi décourager les meilleures volontés.
Mais il n'y a rien de nouveau car c'est une constante des "France" qui depuis longtemps ont le souci de valoriser l'étranger, celui qui ne connaît pas le scoutisme, celui qui n'est pas comme soi. Intention louable au fond mais irresponsable dans la pratique car on met entre ses mains des outils qu'il ne sait pas utiliser. On ne se contente pas d'accueillir tout le monde dans l'autobus, on pousse la "tolérance" ou l'"ouverture" jusqu'à donner le volant à ceux qui ne savent pas conduire. Du coup puisqu'il faut valoriser les nouveaux venus, on accepte facilement leurs propositions, et comme on se renouvelle quand même, il y a forcément de nouvelles propositions qui s'imposeront au détriment des précédentes. Qu'un novice de 18 ans avec piercing et gel dans les cheveux soit le "supérieur" d'un chef de 21 ans rompu à la vie scoute est tout à fait normal dans le mouvement. Il y a donc inévitablement du changement mais pas de constance, pas de stabilité. Ça invente beaucoup, ça bouge énormément, mais ça n'avance pas. On en arrive donc aujourd'hui à un scoutisme déraciné, très marketing, très branché, moderne mais qui plaît davantage aux curés (eh oui), aux partenaires associatifs ou commerciaux qu'aux principaux intéressés: les jeunes. Le projet des SGdF n'est pas inintéressant, il est médiatiquement crédible. Mais pour clarifier les choses il faudra bien un jour que le mouvement admette et déclare ouvertement qu'il ne pratique plus le scoutisme. Ainsi les chefs qui veulent faire du scoutisme iront voir ailleurs et partiront en bons termes. Quant au mouvement, s'il n'attirera plus les scouts, en revanche pourra intéresser d'autres jeunes et des bénévoles qui sont motivés par un projet éducatif autre que scout. Je pense qu'il pourra alors contenir l'hémorragie ou carrément faire une vidange pour avoir du sang neuf. Ce renoncement définitif à l'appellation scoute, je le crois, fera beaucoup de bien au mouvement car il n'aura plus à s'embarrasser des problèmes scouts, des questions d'uniforme ou de pédagogie scoute... et lui vaudra certainement la sympathie du scoutisme en France. Mais en attendant, il y a le centenaire. Déconnecté depuis un certain temps avec les SGdF c'est vrai que j'ai du mal à m'y retrouver, en même temps ce recul me permet de mesurer l'évolution du mouvement alors qu'en étant dedans on ne perçoit pas sensiblement les changements, on est un peu endormi par la continuité puisqu'on suit le mouvement. Af' |
| Af' Le Loup Membre confirmé
Nous a rejoints le : 03 Juil 2004 Messages : 3 870 Réside à : 92 et ... 29 |
Le paradoxe Old Gilwellian c'est que les cadres qui ont été adoptés* dans le mouvement ont justement été habitués à penser par eux-mêmes (je le sais par expérience puisque j'ai moi-même découvert adulte le scoutisme), pas à obéir (pas tout de suite en tout cas). En débarquant avec mon ignorance j'ai d'ailleurs été surpris par la facilité avec laquelle on me proposait le pouvoir et la promotion express (anidep dès la 2ème ou 3ème année de scoutisme!).
L'attitude du mouvement envers les novices est très accueillante et valorisante quand on aime prendre les décisions car on est tout de suite propulsé dans les couches supérieures de la hiérarchie. Mais ce qui vaut pour les uns vaut aussi pour les autres. C'est pourquoi une fois installé dans le mouvement avec un peu d'expérience derrière soi et un ensemble de projets accomplis, il faut toujours s'attendre à ce qu'un autre novice vienne nous remettre en question et défasse ce qu'on a construit. On a beau découvrir les problèmes du mouvement et essayer de les résoudre en donnant généreusement de soi-même pour faire bouger les choses, quand on est sur le point d'y parvenir on réalise que le résultat est éphémère. Mais comme on a été soi-même accueilli à bras ouverts comme le messie, on ne peut pas refuser ce privilège aux autres. Alors même si on a droit à la parole, on préfère la boucler par loyauté ou par politesse. Le mouvement cultive néanmoins un bon esprit de solidarité fraternelle, mais au lieu de miser sur l'expérience des cadres déjà engagés passe son temps à espérer que la solution à ses problèmes vienne avec une nouvelle personnalité, un nouveau héros qui apportera sa façon de voir les choses, à l'exclusion toutefois de ceux dont la proposition implique un retour en arrière. Le vrai problème des "France" n'est pas qu'ils aient forcément choisi une mauvaise voie, mais qu'ils sont incapables de maintenir un cap. Si la coéducation marche bien chez les israélites selon Hocco, c'est parce que leur mouvement a su garder une certaine constance. Les balises de la tradition (dont la coéducation) ne bougent pas, ou pas trop. Quand un scout est perdu dans la forêt, il va en ligne droite. Au moins il finira par en sortir. Les SGdF me donnent plutôt l'impression de chercher le chemin à droite à gauche et au bout du compte à tourner en rond et marchent un peu à l'aveuglette en se cachant la vérité par les changements superficiels (couleur des chemises, terminologie...) au lieu de la regarder en face et envisager un changement plus profond. Certes, l'écoute et l'ouverture d'esprit sont là quoiqu'on en dise, mais ce qui manque c'est le discernement et la clarté. On écoute tous les sons de cloche, mais on ne sait pas lequel est le bon. Celui de l'épiscopat (tant qu'à faire ) semble néanmoins se distinguer de plus clairement.
Vu l'état actuel des choses, en effet, je pense que les SGdF prennent inéluctablement le chemin d'un mouvement de jeunesse chrétienne à vocation humanitaire et de sensibilité écologique (camp, nature...). Ce n'est pas forcément une mauvaise orientation et ça peut attirer beaucoup de monde. Actuellement le scoutisme pèse sur le mouvement plus qu'il ne l'aide à s'épanouir. Les jeunes comme les chefs sont d'ailleurs souvent mal à l'aise dans les tenues uniformes qu'ils se plaisent à porter de façon très... personnelle. Plutôt que de changer sans cesse de chemise pour s'y sentir à l'étroit et dans l'embarras il est moins coûteux et tellement plus confortable de l'enlever. Passé cette étape, je prédis sincèrement un grand avenir au mouvement qui trouvera enfin chaussure à son pied. Af' * J'utilise ce terme à dessein pour parler des nombreux adultes qui s'engagent sans véritable expérience scoute. |
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