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Qu'est-ce que le devoir ?
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Ronin (S)
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Nous a rejoints le : 25 Juin 2008
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Pour rebondir sur ce que dit Grizzly, je dirais que l'on peut lier devoir et engagement.

Lorsqu'on s'engage dans quelque chose, on change d'état et cet état implique des devoirs. Je prends des exemples :
- un gars qui prononce sa promesse devient scout et s'engage à faire de son mieux pour respecter la loi scoute dans sa vie de tous les jours (Le devoir du scout commence à la maison...)
- un type se marie et devient époux, père etc... Son devoir d'état est de subvenir aux besoins de sa famille et d'en faire une priorité par rapport à tous les engagements qu'il peut avoir.
- de même pour un baptisé etc...

Dans chaque engagement, il y a une notion de liberté et de volonté qui sont sans doute les fondements d'un amour pour une cause ou quelqu'un (ou Dieu !).

Si on prend l'exemple des droits que l'on acquiert en naissant dans un pays, il n'y a là pas de liberté apparente... Il faut d'abord un temps pour apprendre à connaître son pays et pour apprendre les devoirs de citoyens. On peut toujours le quitter par la suite. Donc là encore, comment parler de devoir sans amour de la patrie... ? Autre question : comment se formalise l'engagement de la personne en tant que citoyen ? C'est peut être justement le noeud du problème de certaines sociétés !?
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Dingo
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Nous a rejoints le : 21 Juin 2008
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Je pense comme le laisse supposer Zèbre que l'on ne peut dissocier la notion de devoir à la notion d'amour, même si celà peut paraître incongru.

je donnerai 2 exemples (non personnels) ensuite.

Il est a mes yeux indéniable que de remplir son devoir, vis à vis de tiers étrangers donc sans aucun liens affectifs, est une forme d'amour puisqu'en remplissant à leur égard notre devoir, nous leur facilitons d'une certaine façon leur vie.

L'amour n'est pas une notion de bisous, et d'affect, mais bien une notion de don gratuit.

Les deux exemples

le premier - un père, dont le fils (32 ans) est en prison après avoir agressé un voisin pour lui voler de l'argent pour acheté la cam, me dit:

" je ne vais quand même pas le laisser tomber, c'est de mon devoir de l'aider, même si je n'en ai pas très envie après ce qu'il a fait".

Le père fait ressortir sa notion de père - celui qui subvient aux besoins de l'enfant - avant de faire ressortir la notion affective qui en l'occurrence, là ne sert à rien dans la pratique.

Le second - une femme bafouée et trompée restant auprès de son époux, expliquant de longues années après à ses enfants:

"vous comprenez, si j'avais laissé tomber votre père, qu'en serait il arrivé de la famille, et en remplissant mon devoir d'épouse, nous avons pu redécouvrir pourquoi vous êtes là tous les quatre"

Là aussi, de la notion du devoir assumé et rempli, surgit une autre dimension, celle de l'amour.

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Patte serviable
patte
  
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Messages : 1 280

Réside à : Un coin de Champagne... (après le Berry)
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Je trouve les exemples de Dingo assez explicites...

Le devoir c'est ce que l'on a à faire, (les devoirs de l'école par exemple) Ensuite, si en les faisant on peut y mettre de l'Amour, je pense que l'on y a gagne,(comme le dit le cérémonial de la parole de feu : aime ce que tu fais avant de faire ce que tu aimes) mais a première vue le devoir est là pour être fait (ou pas fait mais il faut en accepter les conséquences)


Zèbre, tu dis que le prêtre parlait de "faire les choses" par devoir ou par Amour. Je vois par là plus les choix de la vie à accomplir. Un prêtre nous disait lors d'un diner de chef, Que lorsque l'on prenait une décision, que ce soit pour "faire une chose" prendre un engagement ou autre, on ne devait pas le faire par devoir, car sinon ça ne serait pas un choix libre, Ni par affectivité, ou autre contrainte etc.

Par contre le faire par Amour, si par là on entend décision libre, réfléchie, L'action que l'on fait prend une autre ampleur. Mais en général quand on dit "par Amour" on entend plus la dimension d'affectivité.

Il prenait l'exemple d'un chef de groupe qui demande à un jeune de reprendre une unité, il nous disait que les choses à ne pas faire était:
Dire oui car sinon l'unité se casse la figure
dire oui car sinon on va être mal vu
dire oui car on veut aider les chefs et que pour eux..on dirait bien oui.

Il disait que la seule solution était de prier, et voir si la décision nous faisait grandir, était prise en toute liberté etc.
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Bessou
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Messages : 996

Réside à : Grand Ouest
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Je suis globalement d'accord avec ce qui a été dit plus haut. Devoir et amour ne s'opposent pas, le devoir n'est pas la contrainte, etc.

Mais il me semble qu'il y a un aspect du devoir qui n'a pas été vu: si le devoir est ce que je dois faire, alors celui-ci peut-être fait sous la contrainte (ex: le fils obligé par son père à étudier), de manière volontaire ou encore sublimée par un esprit de sacrifice.

Clairement, il y a plusieurs manières d'accomplir son devoir, toutes ne sont sans doute pas à mettre au même niveau mais cela ne nous dit pas ce qu'est le devoir.

Dans le concept de devoir, il y a l'idée d'une obligation. Mais cette obligation n'est pas contingente, liée à des circonstances particulières; cette obligation est d'ordre légal, moral ou religieux et elle s'exprime dans la conscience. Mon ce que je dois faire je ne l'ai jamais lu ici ou là. Ce que j'ai pu lire se sont les principes qu'il me faut respecter pour accomplir mon devoir et ces principes ont éclairés ma conscience.
Je dirai donc que le devoir est un impératif dicté par la conscience en vue d'orienter au mieux mes actions vers ma fin, c'est-à-dire en définitive vers le bonheur.

Ainsi lorsque la loi civile oblige, cette obligation est liée à la fin qui est poursuivie par l'Etat, l'organisation de la société civile en vue de favoriser la paix, et par là-même, le bonheur de tous.

Le devoir moral donne une direction à mes actes pour que je n'omette pas les actes nécessaires à l'obtention du Bien (que ce soit pour moi ou vis-à-vis des autres).

De la même manière, les devoirs religieux donnent le cadre principal où je peux exercer ma liberté en vue de ce que Dieu veut pour moi.


Tout ceci, n'est sans doute pas très concrêt, mais j'essaie de circonscrire de quoi nous parlons.





Un autre élément qui peut nous aider à comprendre ce qu'est le devoir, c'est le droit. En général les deux vont ensembles; on dit que là où il y a des droits, il y a des devoirs. Les deux permettent de donner un cadre à mes actions, des limites à l'exercice de ma liberté: je peux faire ceci ou cela, je ne peux pas faire ceci, je ne peux pas faire autre chose que cela, ...
Les droits sont comme une ouverture à notre liberté; ils offrent une possibilité d'action.
Les devoirs apparaissent plutôt comme une restriction de notre liberté: si je dois faire cela, c'est que je ne peux pas faire autre chose. Plus le devoir sera vécu comme une contrainte, plus sera mis en avant cet aspect de restriction de liberté.
Mais on peut aussi voir le devoir autrement. Les devoirs nous aident à décider des actions à accomplir.


Prenons un exemple. Imaginons que je roule en voiture et que je rentre dans un rond point géant où se trouve de très nombreux embranchement. 2 cas sont alors possibles:

  • Soit il y a quelques sens interdits, mais j'ai le droit de prendre presque toutes les sorties. Il me faudra alors sans doute faire plusieurs fois le tour de ce rond point qui, je le rappelle, est géant taré pour déterminer la meilleure sortie et me décider à la prendre. Nous sommes alors dans le cas du droit.

  • Soit toutes les routes sont en sens interdit sauf une. Alors oui, au sujet de la route immédiate à prendre, de la direction générale dans laquelle il faut avancer, ma liberté est restreinte et je suis contraint. Mais, dans ce cas, plutôt que de perdre du temps à trouver la direction à prendre, elle m'est directement indiquée et je peux me concentrer sur le choix de l'itinéraire dans la suite du trajet. Nous sommes dans le cas du devoir.



C'est une illusion de croire que la liberté consiste dans le plus grand nombre de choix des possibles
(plus ce nombre est grand, plus l'indétermination risque d'être grande), elle réside plutôt dans la capacité à choisir le meilleur possible.
C'est pourquoi il semble important qu'en vis-à-vis des droits qui augmentent le nombre de possibles existent des devoirs qui diminuent leur nombre afin de nous aider à nous déterminer pour tel ou tel acte.

D'autre part, pour continuer avec ma comparaison routière, il ne faut pas voir la route du devoir comme toute droite, sans intersection, sans choix. Ce n'est pas parce que je suis forcé de me diriger vers Paris que je n'ai pas plusieurs routes possibles.


On peut donc dire que le devoir ne va pas à l'encontre de la liberté, et c'est sans doute en comprenant cela que je réalise ce que je dois de plus en plus avec amour; que j'en viens à aimer le devoir lui-même parce que finalement sans lui j'aurai bien du mal à agir et à ordonner ma vie.

C'est aussi là sans doute l'un des enjeux de l'éducation: faire comprendre toute la grandeur et l'importance du devoir.
Sans parler du fait qu'il peut y avoir conflit de devoirs (Par exemple, entre obligation légale et obligation religieuse) mais cela nous renvoit à un autre fuseau.
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Pollux
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Nous a rejoints le : 05 Nov 2008
Messages : 486
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Cette question du devoir est une question lancinante chez celui qui un jour s'est engagé.

"Que dois-je faire face à telle situation ?".

Une réponse personnelle peut y être apportée guidée par notre amour, notre liberté et nos valeurs. Et vous l'avez tous évoqué.

Néanmoins, il y a, à mon sens, un deuxième aspect, sans doute celui retenu par le prêtre évoqué par Zèbre.

Quand à la veille de la bataille de Trafalgar en 1805, Nelson transmets à sa flotte le message suivant England expects that every man will do his duty, le devoir qu'évoque l'amiral est celui de la contrainte. Cette contrainte, le "vous devez faire", est la réponse collective à une situation dramatique, en l'occurence celle du combat. La réponse personnelle doit alors s'effacer devant cette réponse collective.
Nous étions en 1805, époque où la presse (l'enrolement forcé) permettait à la couronne d'armer ses navires. Les marins n'avaient donc pas le choix.

Aujourd'hui, le devoir collectif s'impose parfois, dicté par des intérêts qui dépassent les individus. Dans une société de liberté comme la nôtre, il ne peut être pleinement rempli que si chaque individu adhère à ce devoir collectif. Il y a alors identité entre le devoir collectif et le devoir personnel.
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Dingo
Membre banni
 

Nous a rejoints le : 21 Juin 2008
Messages : 6 856
Patientez...

je rougis Je suis surement bête Surpris de ça, je n'en doutes pas un instant

mais j'ai pas capté du tout dans les deux derniers derniers posts où se trouve le rapport entre les propos du prêtre évoqué par Zèbre et son début de réflexion.

Z'auriez pas la gentillesse de ré expliqué ce que vous vouliez dire en faisant ça plus simplement au môssieur qu'à rien pigé.

innocent

mais qui voudrait bien vous comprendre.
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Zebre
Zebra One

Nous a rejoints le : 19 Oct 2001
Messages : 13 984

Réside à : Lyon
Patientez...

Citation:
Patte serviable a écrit :

Le devoir c'est ce que l'on a à faire, (les devoirs de l'école par exemple) Ensuite, si en les faisant on peut y mettre de l'Amour, je pense que l'on y a gagne
NON !
Justement non, c'est exactement ce que je dénonce. Le devoir ne se dissocie pas de l'amour. Si j'accomplis mon devoir sans amour, alors ce n'est rien qu'une contrainte, pas le devoir ! Il ne peut pas y avoir le devoir, puis si c'est possible l'amour, dans ma vue en tout cas.
Cette phrase illustre justement ce que je dénonçais.

Citation:
Patte serviable a écrit :

Un prêtre nous disait lors d'un diner de chef, Que lorsque l'on prenait une décision, que ce soit pour "faire une chose" prendre un engagement ou autre, on ne devait pas le faire par devoir, car sinon ça ne serait pas un choix libre, Ni par affectivité, ou autre contrainte etc.

Par contre le faire par Amour, si par là on entend décision libre, réfléchie, L'action que l'on fait prend une autre ampleur.
Eh bien ce prêtre avait dû recevoir une aussi mauvaise formation que celui dont je parlais plus tôt. C'est exactement le même écueil.
On ne prend pas une décision par amour !(ou alors c'est versatile). On la prend avec amour, mais par devoir, si du moins le devoir a à s'y intégrer.
Le devoir implique justement la liberté que ton prêtre prétend ne mettre que dans l'amour. Le devoir, plus que l'amour, implique une décision réfléchie.
L'amour peut être folie, le devoir, non !
Le devoir est décision, décision d'une conformité à une morale que je me suis fixée, par amour. Je toujours la liberté d'y renoncer sous n'importe quel prétexte.

L'exemple de ton chef scout qui hésite à reprendre une Troupe ne le fait certainement pas par devoir quand il s'inquiète de ce qu'en diront les gens (sauf si cela fait partie de la morale qu'il s'impose).
Quand à se donner le devoir, par amour des garçons, de ne pas vouloir qu'une troupe disparaisse, ou se donner le devoir, par amour de ses amis, de leur rendre service, je ne vois absolument pas ce qu'il y a à y redire.
Le devoir n'intègre pas forcément l'envie, mais il intègre le désir.
Bien sûr que je reprendrai une troupe par devoir, si j'ai assez d'amour pour les garçons, et je suis sûr que cela ferait une très bonne troupe ! (et j'ai d'ailleurs été à deux doigts de le faire récemment)


Citation:
Bessou a écrit :

Je dirai donc que le devoir est un impératif dicté par la conscience en vue d'orienter au mieux mes actions vers ma fin, c'est-à-dire en définitive vers le bonheur.
[...]
Les devoirs nous aident à décider des actions à accomplir
Bravo j'aime beaucoup cette définition. Il me semble que c'est la plus juste.

(par contre soit je ne l'ai pas compris, soit je ne suis pas d'accord avec l'allégorie du rond point - En plus tu dérives vers la notion de liberté - Pas plus que l'idée qu'il faudrait aimer le devoir pour lmui-même, en ce qu'il m'est un guide, au lieu d'aimer le bien que je cherche au travers du devoir)

Pour Pollux,
c'est une notion intéressante, mais je ne vois pas bien où tu veux en venir ? (si ça peut rassurer Dingo)
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Grizzly_90
Ursus arctos horribilis
 



  
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Je crois que jepeux reprendre l'allégorie de Bessou, s'il le veut bien :

La contrainte, ce sont les gendarmes qui bloquent -plus ou moins bien - les voies interdites.

Le devoir, c'est le GPS, qui indique la voie correspondant au but que l'on s'est fixé soi-même (c'est le conducteur qui a programmé le GPS), et si le conducteur en vient à prendre une mauvaise voie, le GPS recalcule un itinéraire vers cet objectif.

Enfin, sans devoir ni contrainte - ou du moins sans perception de son devoir - ne reste plus qu'à tourner autour du rond-poind pour lire tous les panneaux et se faire une opinion, ou bien à prendre plus ou moins au hasard : et là on rejoint le fuseau sur la Confiance en Dieu et l'émerveillement Clin d'oeil
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Dingo
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Rivière : Naute
Nous a rejoints le : 21 Juin 2008
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Si je vous comprends bien pour vous, le devoir n'est une affaire ni de conscience individuelle, (les engagements que nous prenons, ou les engagements crées du fait de nos choix (avoir un enfant, créer une relation même non affective avec un ou des tiers) ni une affaire d'Amour personnelle, (si j'aime ou si j'ai aimé - bien que les liens soient distendus - j'ai le devoir de....).

Le devoir c'est donc selon vous quelque chose de contraint?
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Patte serviable
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Zèbre, désolée j'ai mal retranscrit ce que nous avait dit le prêtre.. Il appuyait bien qu'il ne fallait pas prendre une décision PAR Amour.. Dans le sens contrainte, mais librement.. donc AVEC Amour s'applique mieux a ce que je voulais dire.. (je m'exprime pas toujours bien.)


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Zebre
Zebra One

Nous a rejoints le : 19 Oct 2001
Messages : 13 984

Réside à : Lyon
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Dingo, moi j'ai compris le contraire de ce que tu exposes dans l'explication de Grizzly.

Patte serviable : reste que le devoir ne peut pas être accompli indépendamment d'une notion d'amour (si ce n'est l'amour de la tâche à accomplir, c'est celui du but à atteindre par cette tâche)
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Dingo
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Nous a rejoints le : 21 Juin 2008
Messages : 6 856
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en me baladant sur le net j'ai grappillé ces textes ( je suis infoutu capable de vous dire où car j'en ai regardé pas mal)

je trouve qu'ils éclairent bien le sujet proposé par Zèbre, surtout l'exemple du papa qui emmène sa fille à la messe.

Citation:
Agir par devoir, c’est agir non pas en prenant en compte ses propres intérêts, mais en voyant à chaque fois ses actes sur un plan universel.

Kant pose que par définition, le devoir est le respect pur et simple de la loi morale. Il ne s’agit pas de se demander où est le bien et où est le mal, il s’agit de faire ce que notre devoir exige. Ce qui est nettement plus facile à comprendre. Immédiatement. Le devoir s’impose sans autre justification que lui-même. Il s’agit d’obéir à son injonction et non de vouloir comprendre ou tenter de calculer.

Le devoir suppose la bonne volonté et la bonne volonté repose sur la pureté des intentions de l’homme.
« c’est ton devoir de servir honnêtement, d’aider, de dire la vérité etc. » Agir par devoir, c’est agir sans faire entrer en compte l’influence de la sensibilité. « Le devoir est la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi ». L’homme possède en lui la capacité de dépasser l’égoïsme de l’intérêt qui ne le porte qu’à des satisfactions sensible.

"Le père qui amène sa fille tous les dimanches à la messe pour son éducation religieuse, mais qui n'a pas la foi, il fait tout de même son devoir pour donner une éducation religieuse à sa fille.
R. Oui, dans le sens strict de Kant, il se fait une obligation et il le fait contre sa propre sensibilité, contre ce qui constituerait la voix de son intérêt personnel. Je ne sais pas franchement si nous devons regarder cela comme admirable. C'est la mentalité du Chameau qui porte la charge dont parle Nietzsche. Ce qui me gène, c'est l'hypocrisie de cette attitude. Si vous n'avez pas la foi, pourquoi chercher à l'inculquer à un autre?


[ Ce Message a été édité par: Webmestre le 20-01-2009 à 18:00 ]
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Nominoe
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Je pense que dans le thème du devoir, on peut rajouter que si tout le monde a le même sens du devoir ( ou presque ), c'est bien parce que ce sens est universel.
On doit donc supposer que cet "instinct" est naturel chez l'homme, qu'il est commun à tous. Ce qui suppose une norme commune, une histoire commune ! Je me rappelle toujours de ce prof de latin nous expliquant qu'est passé dans l'imaginaire collectif des interprétations de l'origine du monde ( cf les différents mythes des civilisations éloignées, reposant sur un même thème, une même idée ).
On est donc influencé par ce "passé commun", mais surtout pas contraint ! Regardez toute les contestations sur la théorie de Freud !

Post à suivre : je cherche quelques sources et je reviens dans quelques jours...
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Pollux
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Nous a rejoints le : 05 Nov 2008
Messages : 486
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A la suite de mon courriel précédent et des réactions de Dingo et Zèbre, je vais tenter d'éclaircir mes propos.

On pourrait représenter le devoir individuel sous la forme d'un triangle dont chaque sommet serait un engagement pris par un individu dans un domaine particulier:
- engagement familial,
- engagement professionnel et social,
- engagement spirituel.

Face à une situation, à la question "que dois-je faire ?", l'individu va se référer à ce triangle du devoir pour agir dans les limites qu'il s'est fixé.

Dans une situation extrême, le devoir collectif (celui qui engage tout un groupe) peut agir comme une contrainte sur les individus dans le sens où ce devoir collectif les contraindra à dépasser les limites qu'ils se sont fixés.

Je prends un exemple. C'est un officier français en 1941, marié et père de famille dans l'armée d'armistice, catholique engagé. Quel est son devoir ?
1. Rester en France, protéger sa famille, préparer une éventuelle reconquête de la France en faisant confiance au gouvernement ?
2. Rejoindre la France Libre en Grande Bretagne, tenter de mettre à l'abri sa famille en France, se lancer dans une aventure aux côtés des Anglos-saxons ?

Dans le 1er cas, on peut dire que cet officier fait son devoir; son comportement est en cohérence avec les engagements qu'il a pris. Dans le 2nd, cet officier va se mettre au service d'un devoir collectif qui va le contraindre à aller outre les limites qu'il s'est fixé vis à vis de sa famille notamment.

Mais cette contrainte du devoir collectif s'efface si, dès ses premières réflexions, il a intégré que son engagement professionnel l'amènera à aller au delà de son simple devoir d'homme vis à vis de sa famille.

Ces questions, je suis depuis plusieurs années conduit à me les poser. L'engagement au service de la Nation d'un militaire va jusqu'au sacrifice de sa vie. L'obéissance aux ordres reçus est bornée par la stricte application des règlements internationaux et de certaines règles d'éthiques. Mais dans quelle situation devrais-je dire non afin de me conformer à mes engagements de mari-père et de scout-catholique ? Je n'ai évidemment pas la réponse.

Désolé d'avoir été trop long, en espérant d'avoir néanmoins été plus clair...
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Dingo
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Nous a rejoints le : 21 Juin 2008
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Ton image de l'officier est intéressante à plus d'un titre,
celà mériterait l'ouverture d'un fuseau spécifique
- pour autant où chacun exposant ses idées ou ses convictions prenne le soins de ne pas faire de la provocation et essaye de tenir compte des sensibilités des uns et des autres.

Personnellement je me suis longtemps poser les même questions que toi.
(je ne peux pas affirmer y avoir répondu, même si je pense m'être forgé une certaine idée sur mes positions).

Car c'est très facile à postériori de dire - j'aurais fait ceci ou je n'aurais pas fait celà, mais dans le contexte à chaud et sans le recul de l'histoire, la réalité du choix est toute autre.

Mais ce serait un sujet vraiment riche et éducatif à développer.
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Pollux
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Nous a rejoints le : 05 Nov 2008
Messages : 486
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Réfléchissons ensemble sur la manière de lancer un tel sujet afin d'éviter, comme tu le dis sur un autre fuseau, le trolisme...
20
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Zebre
Zebra One

Nous a rejoints le : 19 Oct 2001
Messages : 13 984

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>>Désolé d'avoir été trop long, en espérant d'avoir néanmoins été plus clair...
Euh, en fait non, ce n'est pas plus clair, même si ton cas expose une avancée dans le débat.
Il peut y avoir en effet plusieurs devoirs qui s'opposent les uns aux autres.
On illustrer ce genre de cas avec toutes les pièces de Corneille.

Evoquer ces cas de dilemme permet de se rendre compte qu'il y a plusieurs références à nos devoirs, et que ces références sont parfois difficiles à hiérarchiser. Mais on entre après plus dans la notion du devoir d'état que dans celle de définir ce qu'est le devoir et s'il s'oppose ou non à l'amour.
21
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Dingo
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Nous a rejoints le : 21 Juin 2008
Messages : 6 856
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c'est pourquoi 2 fuseaux seraient bien
celui ci
et dans question difficile "antinomie ou non entre devoir d'état et conscience" ou entre "devoir d'état et devoir moral quel déchirement" par exemple

celui ci nous permettant d'avancer sereinement dans l'autre, ou inversement.
22
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Dingo
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Nous a rejoints le : 21 Juin 2008
Messages : 6 856
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j'ai bien réfléchi intello ( si, si, cela m'arrive Mort de Rire )

il suffirait que chaque intervenant, au contraire de l'exemple que tu as choisi Pollux nous évitions de les choisir pendant les "heures noires", ne les ayant pas vécues, nous ne pourrions qu'extrapoler et éventuellement polluer, alors qu'en choisissant des exemples que nous avons vécu, ou des exemples contemporains, nous pourrions éviter les écueils soulevés précédemment, même si certains intervenants jugent différemment ce que nous avons fait ou ce que nous aurions du faire, les termes et les réactions seront surement moins sensibles ou épidermiques.

Je suis persuadé, que nous pouvons trouver des éléments contemporains aussi fort et déterminants.
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Citation:
Le 2009-01-16 00:36:00, Zebre a écrit :

J'aurais envie de dire aujourd'hui qu'il n'y a pas d'amour sans devoir, et pas de vrai devoir sans amour, sans quoi le "devoir" ne devient qu'une "contrainte" (et ce n'est donc plus le devoir).

Au début, je n'ai pas bien compris cette objection de devoir sans amour = contrainte.

Du coup, je me pose la question de savoir à partir de quand le devoir devient une contrainte. Nous constatons tous les jours que ce qui est un devoir pour les uns peut-être considéré comme une contrainte pour les autres. Les premiers feront ce que leur dicte leur devoir peut-être avec peine mais avec joie et générosité, en un mot avec amour alors que les autres feront la même chose en trainant des pieds, à contre coeur, plus mus par l'éventualité d'une sanction que par l'amour de la fin.

Pour rebondir sur une remarque de Zebre à mon précédant post, si le devoir est aimable en tant que tel, c'est d'abord par amour de la fin qu'il me fait atteindre que je l'accomplis.

Tel que je l'ai défini, le devoir comprend le désir même de la fin. Justement, le devoir devient contrainte à partir du moment où la fin qu'il fait atteindre n'est plus connus ou si elle n'apparaît plus comme désirable.


J'ai besoin ici de distinguer entre devoir au sens strict, le devoir moral, celui que me dicte directement ma conscience et devoir au sens large (je pense au devoir légal). On peut encore parler de devoir dans la mesure où ma conscience n'est pas parfaite il est bon, voire nécessaire, qu'une conscience supérieure vienne palier aux infirmités de ma conscience, particulièrement en ce qui concerne les actions en communauté. L'Etat joue se rôle: qui paierait spontanément l'impôt si ce n'était rendu obligatoire par une loi? des sous $$  !
Non seulement l'Etat, mais toute autorité d'une société constituée.

En tant que telle, la loi qui impose de payer l'impôt se présente comme une contrainte. Payer l'impôt ne se présente à mon esprit comme devoir que lorsque que j'ai saisi la fin poursuivie et sa nécessité. Parce qu'il est bon que l'ensemble soit organisé et parce qu'il est nécessaire pour cela de participer financièrement (selon mes ressources), il est bon et nécessaire de payer l'impôt. Payer l'impôt devient aimable et désirable. (Si, si je vous assure.)



Il faut bien relever que la présence d'une "conscience supérieure" prend une dimension capitale en ce qui concerne l'éducation. L'enfant doit apprendre ce qu'est son devoir et à agir par devoir et non pas seulement par instinct, désir immédiat.
C'est le rôle de l'éducateur que d'obliger l'élève. Mais il ne cherche pas à obliger pour obliger. Si obliger peut être un devoir hi hi pour l'éducateur c'est parce qu'il faut que l'élève puisse peu à peu apprendre à s'obliger lui-même afin d'être en mesure d'assumer ces engagements familiaux, professionnels et sociaux, et enfin spirituels (pour reprendre les catégories de Pollux).

L'éducation passe par la contrainte, mais c'est en faisant de la contrainte un devoir (c'est-à-dire une contrainte qui s'impose non plus tant par elle-même, mais parce que la fin qu'elle fait atteindre est aimable) que l'éducateur devient réellement efficace.

Pour l'enfant se brosser les dents est souvent une contrainte insuportable. Quand il comprend la fin (l'utilité) du brossage de dents, il y procède d'autant plus volontier. La contrainte du brossage de dent prend alors pour l'enfant une raison de devoir.
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furet P
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Le devoir est de faire ce que l'on doit faire tant que cela ne nous fait pas honte il faut accomplir son devoir mais pour cela il faudra après pouvoir se regarder dans la glace
Certain soldat par exemple tuaient par devoir parfois des assassinats de sang froid ils faisaient leurs devoirs mais après ils ne peuvent plus se regarder dans la glace (ou sinon c'est vraiment des tueurs né) je n'appelle pas cela le devoir j'appelle ces gars des moutons qui font ce qu'on leurs dit de faire le devoir ne doit pas être une contrainte sinon celui qui accomplit cela par contrainte devient l'un de ces moutons sans honneur il n'as pas de personnalité
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Zebre
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Le devoir n'est donc pas la contrainte, on est d'accord là dessus.

Pour le reste, en gros tu veux faire entrer la notion de morale dans le devoir. Il faudrait commencer par prouver que c'est pertinent.

Le devoir est considéré par la fin que tu juges désirable, donc, forcément, que tu juges bonne. Si tu te donnes pour devoir d'assassiner de sang-froid un homme, ou si ton devoir est d'obéir à cet ordre (la fin recherchée est donc l'obéissance) ou que tu fais tien ce devoir (la fin recherchée est l'obéissance intelligente : j'ai compris ma mission et je veux l'accomplir parce que je juge cette fin désirable), alors c'est un devoir. Que la fin soit bonne ou non.

(que l'homme à assassiner soit Hitler ou Kennedy)

Après, la morale est une autre question.
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Dingo
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Kant montre que l’obligation morale n’est pas en contradiction avec notre liberté, bien au contraire, elle exprime notre liberté. Tu ne peux donc dissocier l'obligation du devoir de l'obligation morale, puisque l'expression de ta liberté n'est en contradiction ni avec l'un ni avec l'autre. Tes obligations morales, ton devoir ne procède jamais d'un tiers, ni d'un ordre, elles ne procèdent que de ta conscience et des priorité que tu te forges, celles que tu t'impose en conscience à toi même. Le devoir et l'obligation morale sont liés en toi grâce à ta liberté de choix. Si le respect de la vie est ma première obligation morale, je ne souscrirais donc pas par devoir à un meurtre.
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Zero
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Holà ! attention avec Kant, il est certes tentant et attirant mais c'est de sa doctrine que se réclamaient les bourreaux pour justifier leurs actes, en particulier Eichmann au procès de Jérusalem en 1961 (sa seule et unique ligne de défense).

Je ne connais pas assez Kant pour parler de lui mais je me méfierai de ses écrits sur le devoir...
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Dingo
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le propre d'un être libre est de se servir des réflexions des philosophes, sans pour autant s'en faire les disciples ou les retenir comme des maitre à penser. Mort de Rire
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Zebre
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Kant est très intéressant à étudier sur la morale.

Dingo, je susi désolé, mais je ne suis pas le lien que tu tentes d'établir entre devoir et morale.

Le devoir est libre
la morale est libre.
Donc devoir et morale sont liés. ???

A ce compte là tu peux lié beaucoup de chose au devoir.
L'amour st libre aussi, et ce n'est pas par ce truchement que j'ai associé le devoir et l'amour. Ce raisonnement n'a pas de véritable logique.

Si le respect de la vie est ma première obligation morale, je ne souscrirais donc pas par devoir à un meurtre
Ici tu parles de deux devoirs qui s'opposent, (récit de tous les drames cornéliens), pas de morale
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Dingo
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Citation:
Le 2009-02-15 23:43:00, Zebre a écrit :

Kant est très intéressant à étudier sur la morale.

Le devoir est libre
la morale est libre.
Donc devoir et morale sont liés. ???


Si le respect de la vie est ma première obligation morale, je ne souscrirais donc pas par devoir à un meurtre
Ici tu parles de deux devoirs qui s'opposent, (récit de tous les drames cornéliens), pas de morale


le devoir oui est lié à la morale, si ton devoir (imposer par l'obligation d'obéissance ou de fidélité à un serment par exemple) venait à s'opposer à tes obligations morales choisi par toi et librement, ton devoir serait de ne pas remplir ton devoir d'obéissance. Je n'ai jamais osé prétendre que la logique -qui n'est pas ma qualité première- avait sa place dans un sujet aussi complexe que le devoir et la morale.
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Citation:
Le 2009-02-15 22:38:00, Dingo. a écrit :

Tes obligations morales, ton devoir ne procède jamais d'un tiers, ni d'un ordre, elles ne procèdent que de ta conscience et des priorité que tu te forges, celles que tu t'impose en conscience à toi même.

C'est peut-être ici que le système de Kant s'écroule. Dans une perspective plus réaliste, c'est uniquement en mettant en relation à un ordre (qui n'est pas immanent à la personne) que l'obligation peut avoir une raison de devoir. Si j'ai des devoirs, ce n'est pas parce que ma conscience estime que je dois les avoir, mais parce qu'il est nécessaire pour mon bien être comme celui de la société que j'accomplisse mon devoir.

C'est sans doute l'idée kantienne de l'obligation morale procédant purement et simplement de la conscience qui est à l'origine de l'hypertrophie des droits sur les devoirs. En quelque sorte, les devoirs sont relégués à la sphère privée, comme s'ils n'intéressaient que la personne indépendament de la société dans laquelle elle vit.


Pourtant, l'usage de nos droits ne doit-il pas être consécutif à l'accomplissement de nos devoirs?

PS: je suis comme Mayeul: je connais pas Kant; donc je peux difficilement faire une critique en règle; j'espère juste ne pas déformer ici sa pensée (que, pour l'instant, je n'ai pas spécialement envie d'aller étudier avec précision).
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furet P
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Un garçon non catholique ma posé une question intéressante il ma demandé se que je ferais si j'étais soldat et que mon officier me disait que c'était mon devoir de tuer un chef ennemi qui étais un de mes prisonniers.
Je pense que mon devoir serait avant tout de protéger l'homme même si il a causé des plus grand mal et qu'il en causera encore après.
j’ai compris ma mission et je veux l'accomplir parce que je juge cette fin désirable), alors c'est un devoir. Queue la fin soit bonne ou non.

(Que l'homme à assassiner soit Hitler ou Kennedy)
c'est sans doute un devoir mais nous ne devons pas combattre le mal par le mal il faut respecter les dix commandements (bien que nous ne soyons pas juifs il faut les appliquer) ils serait donc de mon devoir de ne pas tuer Hitler et le mal qu'il représente .

Le devoir est forcément moral (en tout cas pour un catholique) car s'il fait ce devoir sans la morale il renie sa foi (pour moi ce serait cela excuser moi si vous voyer les chose autrement et veuillez me l'expliquer)
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Zebre
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Nan, nan, nan Sourire
Vous avez tous le même problème de logique, vous sautez une étpae u peu trop vite dans vos raisonnements.

Je reprend l'explication de Dingo :

le devoir oui est lié à la morale,
si ton devoir (imposer par l'obligation d'obéissance ou de fidélité à un serment par exemple)

Il s'agit donc ici d'un premier devoir, dicté par la fidélité, c'est à dire par ma morale qui me fait être fidèle !

venait à s'opposer à tes obligations morales choisi par toi et librement,
il s'agit donc ici d'un second devoir, dicté par mes obligations morales également

ton devoir serait de ne pas remplir ton devoir d'obéissance.
Et sur quel critère ? J'ai ici deux devoirs à accomplir, qui s'opposent, et qui tous deux sont dictés par la morale.
On est en plein dans le dilemme cornélien, il n'y a jamais de règle générale pour savoir quel devoir doit primer.
Si pour sauver mon peuple je dois tuer mon père (cas typique de la tragédie grecque) quel est mon devoir ?
C'est une torture, dont sont friands les dramaturges, et vous ne pouvez en aucun cas balayer le problème d'un revers de la main.
Bien spur, la morale déterminera notre choix, ici : quel devoir est à privilégier. Parfois c'est facile, en fonction de la valeur que nous donnons aux objets de notre morale, ou du degré que nous donnons à la gravité de les enfreindre : enfreindre mon devoir de fidélité nous paraît moins grave que d'enfreindre mon devoir de préserver une vie.
Oui, mais, si la vie est celle du Tyran Hitler qui fera es millions de victime, je suis sûr que d'un seul coup les degrés vont se déplacer.

Parfois, donc, le choix n'est pas du tout facile : tuer son père (ou sa fille) pour sauver tout un peuple ? Qui peut peser la valeur d'une vie ? Laisser périr un peuple entier, ou laisser périr un homme seulement ?
(le grand prêtre Caïphe a résolu cette question).

En soi, la morale n'est pas lié au devoir. En revanche, la morale est liée aux choix que nous faisons, quand choix il doit y avoir.
Le devoir est justement là pour nous épargner le choix perpétuel. Je sais ce que je dois faire. Mais quand deux devoirs s'opposent (qu'ils soient ou non dictés par la morale), le choix réapparaît, et cette fois c'est à la morale qu'il faut faire appel pour choisir.

Ou bien, on reste comme l'âne de Buridan, et l'on meurt sur place à ne pouvoir choisir !

Je n'ai jamais osé prétendre que la logique -qui n'est pas ma qualité première- avait sa place dans un sujet aussi complexe que le devoir et la morale.
La logique a sa place dans tout sujet, d'autant lpus s'il est complexe !

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